Chez vous quel est l’objet qui a le plus de valeur ?
S’il n’y en avait qu’un … Ce serait  des bijoux vintage par dizaines ! (vintage n’est pas synonyme « des années 80 », il faut arrêter de faire cet amalgame, le vintage est d’abord le reflet d’une authenticité, puis un objet datant du début du siècle jusqu’aux années 80).  Ici, des pièces uniques qui datent des années 30 à début 90. Ces bijoux (objets dans un premier temps) proviennent de brocantes, des antiquaires, de théâtres parisiens et provinciaux. Ils ont été achetés séparément. Objets, chaînes, fermoirs, tissus, perles sont par la suite façonnés, repensés et assemblés entre eux. Ici, (sur cette table) ce petit dragon en métal argenté, est une édition limitée qui se fabriquait dans les années 50. Là, un collier plastron des années 60 qui appartenait à ma mère, elle me l’a donné et c’était un clin d’œil à son adoration pour Joséphine Baker qui m’a fait penser à y rajouter des plumes de jais.

Pourquoi ?
Ce qui est important pour moi, c’est de faire revivre chaque objet, de lui redonner une identité,  une seconde vie. Par exemple : trouver deux boutons de porte, oubliés dans une cagette au fond d’une cave depuis 30 ans et le transformer en une parure sautoir et bracelet. On ne l’aurait jamais soupçonné !  Quand je fais mes bijoux, je pense souvent à Faust ; contenir l’éternelle jeunesse, une seconde chance, sans avoir à passer de pacte avec Méphistophélès !

Est-ce que ces objets ont une place particulière chez vous ?
Quelle est la relation que vous entretenez avec ces objets ?

Ils sont accrochés aux murs et je peux les contempler comme des œuvres d’art (pour les bijoux que je garde). Mais je ne vois aucun intérêt en l’accumulation, mes créations doivent être vues et circuler, faire parler d’elles puis rayonner sur leurs futures propriétaires. Je ne pourrais pas parler de relation, mais plutôt de sensations tout au long du processus de transformation, le travail de la matière et respirer l’odeur du façonnage. C’est un don de soi, un échange et un partage.

Seriez-vous prête à vous en séparer ?
Tout ce qui est sur la table ? Oui à 80 % ! :) Ceux qui ont été chinés lors de voyages, en Turquie (médaillon d’argent représentant un cavalier Turc) ou en Chine (boulier d’époque en cuivre) par exemple, je ne pourrais pas m’en séparer, ce sont mes souvenirs. Pour les autres créations, cela fait partie de la démarche, on ne peut pas réagir qu’égoïstement. Pour les férus de bijoux vintage, ce sont des objets inestimables, des pièces uniques, il faut donc accepter de s’en séparer sans regrets.

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